« La Comédie contre-attaque », et le cinéma reprend des couleurs

26 octobre 2026
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Avec son deuxième seul-en-scène, Thomas Croisière poursuit sa déclaration d’amour aux comédies populaires. Au Lucernaire, à Paris, il convoque les grandes répliques, les musiques cultes et les souvenirs de cinéma avec un enthousiasme plutôt très communicatif !

La Radio du Cinéma était dans la salle. À la sortie du spectacle, l’humoriste s’est confié au micro de Patrice Caillet. Un entretien entre passionnés... forcément.

Il fallait oser faire une suite. Mais avec Thomas Croisière, le risque était mesuré : l’homme connaît ses classiques. Après Voyage en comédie, voici donc La Comédie contre-attaque. 
Un titre emprunté avec malice à l’univers de Star Wars, pour un spectacle qui célèbre avant tout le cinéma populaire.
Sur scène, Thomas Croisière fait du Thomas Croisière.
 Autrement dit, il cultive une modestie toute personnelle, à peu près aussi discrète qu'un générique de superproduction hollywoodienne. L'autodérision est permanente, le troisième degré jamais très loin, et l'amour du cinéma totalement sincère.
Pendant 85 minutes, il déroule sa mémoire de cinéphile, multiplie les références, partage des anecdotes et rappelle bien-sûr la comédie est aussi une affaire de grand cinéma.
De Louis de Funès à Bourvil, de La Grande Vadrouille à La Cité de la peur, en passant par La Soupe aux choux, Rabbi Jacob ou les comédies plus récentes, Thomas Croisière traverse les générations sans que la nostalgie déborde de trop.
Et mieux encore que de simplement se marrer sur des films que l'on a vu des dizaines de fois, il donne envie de les montrer à ceux qui ne les connaissent pas.
Ce qui est sympa avec le spectacle, c'est qu'il a pour mission de donner envie de voir des films ou de les revoir." Tout est dit.
Le spectateur averti savourera les références cachées, et oui, nous aussi on a appris des "trucs" sur les détails de mise en scène et les clins d'œil aux chefs-d'œuvre du genre. Le plus jeune découvrira peut-être que le cinéma comique n'a pas attendu les réseaux sociaux pour inventer le gag et l'absurde.
Nous avons retrouver une joie presque enfantine de reconnaître une scène, une musique, un dialogue. Ce petit bonheur collectif qui fait qu'une salle entière peut rire avant même que la réplique soit dite ou terminée.
Sous ses airs de joyeux trublion, Thomas Croisière est un grand passeur de cinéma. 
Et il nous laissera repartir de la salle avec l'idée qu'un grand éclat de rire est souvent le fruit d'un travail considérable. 
La comédie mérite donc mieux que le statut de divertissement secondaire. Thomas Croisière en fait la démonstration, avec l'érudition d'un cinéphile et l'enthousiasme d'un spectateur qui n'aurait jamais vraiment quitté la salle "obscure"...
Ce deuxième spectacle révèle aussi un Thomas Croisière plus intime encore. Après un premier volet largement nourri de ses souvenirs d'enfance, l'humoriste regarde désormais vers les générations suivantes.
Il parle de ses fils, Alfred et Gaston, de sa famille et de ces films que l'on partage comme un héritage.
Sur La Radio du Cinéma, cette philosophie nous fait écho. Nous aimons faire revivre les musiques de films, redonner la parole aux personnages mythiques et diffuser ces répliques cultes qui ont traversé les décennies. Quelques notes de musique, une voix reconnaissable entre mille, une phrase devenue presque légende : il n'en faut parfois pas davantage pour faire renaître tout un film dans l'imaginaire de nos auditeurs.
Une même conviction que le patrimoine cinématographique ne doit pas rester figé dans les archives, mais continuer à circuler et à se transmettre.

Thomas Croisière est d'ailleurs l'un des parrains de notre radio. Une proximité qui n'empêche ni les plaisanteries ni les petites piques amicales...il reconnaît ainsi venir moins souvent nous voir que nous ne venons le voir, comparant cette relation à celle que l'on entretient avec sa grand-mère.
On lui pardonnera volontiers. Après tout, dans certaines familles, il suffit d'apporter de bonnes histoires pour être accueilli à bras ouverts.
Amandine Bacconnier - 2026