31 octobre 2026
À l'occasion de la sortie de son documentaire Irish Travellers, Alexander Murphy était de passage à LUX Scène nationale, à Valence, le 30 octobre.
Une rencontre passionnante avec un cinéaste franco-irlandais qui défend un documentaire libre et exigeant. Un entretien à retrouver dans son intégralité sur La Radio du Cinéma.
Pendant six ans, Alexander Murphy a partagé le quotidien de Pa, Lisa et leurs dix enfants, installés dans une caravane au milieu des champs irlandais. Une famille soudée, confrontée à la précarité et aux préjugés, qu'il filme avec une tendresse infinie. Rencontré après la projection, le réalisateur ne cache pas son émotion. « C'est très difficile de dire au revoir, ça fait mal au cœur. » D'ailleurs, les liens ne sont pas rompus. Il continue de leur rendre visite et imagine même, pourquoi pas, retrouver la famille devant sa caméra dans une dizaine d'années.
Le documentaire, un cinéma à part entière
Ce qui frappe dans Irish Travellers, au-delà de son histoire, c'est sa beauté visuelle. Lumières délicates, paysages enveloppants, visages saisis dans leur vérité : la photographie est remarquable. Pour Alexander Murphy, cette recherche esthétique est indissociable du documentaire. Il refuse qu'on enferme le genre dans les codes du reportage. « On peut expérimenter beaucoup de choses dans le documentaire », insiste-t-il. Une liberté de création qu'il revendique pleinement. Mais faire un tel film suppose aussi de trouver la bonne distance. Entre confiance, désaccords et attachement, le cinéaste a dû apprendre à préserver sa relation avec les O'Reilly sans renoncer à son regard d'auteur. Un équilibre parfois fragile, qu'il évoque avec une grande sincérité.
Filmer sans juger
Franco-irlandais, Alexander Murphy a grandi entre Paris et l'Irlande. Enfant, il associait les Travellers à une forme de liberté fascinante. Son ambition n'était pas de porter un jugement sur leur mode de vie, mais de montrer une famille dans toute sa complexité. Aujourd'hui, les O'Reilly découvrent avec étonnement l'accueil réservé au film. « Mais comment se fait-il qu'ils ne nous jugent pas ? », lui demandent-ils.
Une question bouleversante qui résume peut-être toute la portée de ce documentaire, présenté à la Semaine de la Critique à Cannes.
Dans cet entretien Alexander Murphy revient sur les coulisses de ces six années, ses inspirations cinématographiques, sa responsabilité envers ceux qu'il filme et ce que cette aventure a changé en lui.
Une conversation généreuse autour d'un film magnifique, gonflé d'amour avec un grand A, qui nous rappelle que le cinéma peut aussi nous apprendre à regarder autrement.
Retrouvez l'interview intégrale d'Alexander Murphy sur La Radio du Cinéma.
