La séance, organisée par ABZ PROD, s’est tenue en présence de l’équipe du film, de l’équipe éducative du foyer Enfance Bourdault de Vesoul et de trois des jeunes dont les témoignages portent le documentaire : Suha, Rose et Matthias.
D’une durée de 65 minutes, Des “K-soss” comme vous dites suit ces adolescents dans un atelier d’expression et de création. Au fil de leurs mots, de leurs colères et de leurs rêves, le film travaille une matière simple et précieuse : regarder autrement des jeunes trop souvent résumés à des dossiers, des raccourcis ou des étiquettes.
Un titre qui dérange, et c’est voulu
Dès l’ouverture de la soirée, Sarah El Haïry a salué l’audace du titre, selon le compte-rendu transmis à la rédaction. La formule “K-soss”, volontairement brutale, reprend un mot blessant pour mieux le retourner vers ceux qui l’emploient trop vite.
« Ce film ne cherche pas à nous attendrir […] il cherche à nous bousculer, à déconstruire beaucoup de préjugés […] qui persistent sur des jeunes à qui on colle des étiquettes sans même parfois les regarder ou leur parler », a souligné Sarah El Haïry.
Le lieu donnait une résonance particulière à ces mots. Le haut-commissaire à l’enfance contribue à la définition, à la coordination, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques liées à l’enfance, notamment en matière de protection de l’enfance. Voir ces voix entrer dans ce cadre institutionnel, c’était faire passer la parole du foyer au plein cadre.
Né à Vesoul dans “L’atelier des voix”
Le projet est né de « L’atelier des voix », un atelier d’expression libre mis en place au foyer Enfance Bourdault, à Vesoul, par les éducateurs Jérémy Thieulin et Sarah De Puga.
L’objectif était clair : permettre aux jeunes de raconter eux-mêmes leur histoire, avec leurs mots. Pas de voix off qui écrase, pas de discours plaqué. La caméra accompagne, écoute, laisse les silences tenir leur place. Comme une bonne musique de film, elle soutient sans couvrir.
Cette démarche rejoint le synopsis officiel du documentaire : Rose, Suha, Sofiane et Matthias, confiés à l’ASE, écrivent et mettent en musique leurs histoires au sein d’un atelier, afin de faire entendre leurs réalités, leurs difficultés, leurs rires et les préjugés auxquels ils se heurtent.
« On n’est pas des personnages de séries Netflix »
La soirée a aussi été marquée par la prise de parole des jeunes présents. Suha, 15 ans, a évoqué son arrivée au foyer avec des mots très concrets : « Au début, c’était compliqué : un nouvel environnement, de nouvelles personnes. Puis je me suis attachée à certains d’entre eux. C’est devenu une sorte de deuxième famille ».
Rose a livré l’un des moments les plus directs de la soirée contre les étiquettes. « Souvent, les gens nous jugent sans nous connaître. Ils nous mettent des étiquettes comme “cas sociaux” ou “k soss” […] On n’est pas des personnages de séries Netflix sur les jeunes à problèmes », a-t-elle déclaré.
Sa dernière phrase a particulièrement résonné dans la salle : « Nous ne sommes pas des cas sociaux, mais des enfants qui seront les adultes et les citoyens de demain », a-t-elle ajouté. Difficile de faire plus net. Ici, le cinéma ne parle pas à la place des jeunes : il leur tend le micro.
Les réalisateurs : tenir la caméra à hauteur de parole
Alexis Amiotte a résumé l’enjeu du film d’une phrase : « Lorsqu’on invisibilise, on déshumanise, et on laisse la place aux idées reçues et surtout au silence ».
Avec Bertrand Vinsu, les réalisateurs ont rappelé qu’ils n’avaient pas cherché à parler à la place de Rose, Suha, Sofiane et Matthias, mais à leur offrir un espace. C’est tout l’intérêt de Des “K-soss” comme vous dites : faire du documentaire non pas une vitrine, mais une scène d’écoute.
Photo: © Yanis Ouandjli . Avec Sarah El Haïry, Suha, Rose, Frédéric Nicollet, Pierre-Alain Sarthoux, Bertrand Vinsu, Alexis Amiotte, Matthias, Sarah De Puga et Jérémy Thieulin.
Un documentaire pour déplacer le regard sur l’ASE
Le film est soutenu par Enfance Bourdault, la CNAPE, AÉSIO Mutuelle et la Région Bourgogne-Franche-Comté. AÉSIO Mutuelle mentionne notamment la réalisation du documentaire dans ses actions territoriales en Bourgogne-Franche-Comté.
Pour les éducateurs, les familles, les enseignants, les professionnels de l’enfance ou les spectateurs curieux, le film peut servir d’appui pour ouvrir la discussion. Il ne donne pas de leçon. Il change d’angle, et parfois au cinéma, c’est déjà beaucoup.
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Infos pratiques
- Événement : projection du documentaire Des “K-soss” comme vous dites Le 22 juin 2026
- Lieu : ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles
- Adresse : 14 avenue Duquesne, 75007 Paris
- Accès : Paris 7e, secteur École Militaire / Invalides
- Durée du film : 65 minutes
- Réalisation : Alexis Amiotte et Bertrand Vinsu
- Production / organisation : ABZ PROD
- Soutiens : Enfance Bourdault, CNAPE, AÉSIO Mutuelle, Région Bourgogne-Franche-Comté
- Documentaire
- ASE
- Protection de l’enfance
- Paris 2026
- Sarah El Haïry
- Alexis Amiotte
- Bertrand Vinsu
- Enfance Bourdault
Sources
- Page d’inscription HelloAsso – ABZ PROD
- Fiche AlloCiné de Des “K-soss” comme vous dites
- Fiche AlloCiné d’Alexis Amiotte
- Fiche AlloCiné de Bertrand Vinsu
- Bande-annonce officielle sur YouTube
- Décret du 5 mars 2025 portant nomination de Sarah El Haïry
- Décret n° 2025-118 du 10 février 2025 instituant un haut-commissaire à l’enfance
- Ministère des Solidarités – Sarah El Haïry nommée haut-commissaire à l’Enfance
- CNAPE – fédération de protection de l’enfant
- AÉSIO Mutuelle – avant-première Des K-SOSS comme vous dites
- AÉSIO Mutuelle – action territoriale mentionnant le documentaire
- Service-public.fr – placement d’un enfant et Aide sociale à l’enfance